Question de vocabulaire : Empathie et Sympathie

La question de l’empathie de de la sympathie est importante à se poser dans sa relation à l’autre en tant que parent à son enfant, dans ses amitiés, et plus encore lorsqu’on exerce un métier dans la relation d’aide. Réflechir un tout petit peu à la signification de ces mots peut permettre aussi à chacun d’entre nous de se positionner dans sa relation à l’autre. C’est une des possibilités de prendre conscience de notre attitude et de nous donner un choix de comportement face à nos émotions. J’aime aborder cette question de vocabulaire avec les enfants dans mes groupes lorsque nous abordons la thématique « moi et les autres », je vous partage ma reflexion.

Exemple : Flora est tombée. Elle a mal. Elle pleure. Je suis touchée car je la vois pleurer. J’imagine qu’elle a mal. J’ai mal pour elle. J’aimerais la consoler, qu’elle aie moins mal.

Quand je vois quelqu’un souffrir, je ne peux m’empêcher de souffrir avec lui. Je suis alors dans l’incapacité de réfléchir, ni même d’agir, je me sens submergée par l’émotion, jusqu’aux larmes parfois.

Sympathie = adhésion

Empathie = compréhension

Sym-pathie signifie “ressentir avec”.

Son étymologie est double : du latin sympathia, accord, affinité, et du grec, sumpatheia, formé de sun « avec, ensemble » et de pathein, souffrir, éprouver, sentir : participation aux souffrances d’autrui, communauté de sentiments.

Sympathie est synonyme de l’authenticité.

Je ressens les sentiments d’un autre, il a mal, j’ai mal, il a peur, j’ai peur. Je souffre avec toi car dans la même situation je souffrirais aussi.

On a le sentiment d’être « touché » et de ressentir le besoin d’agir pour soulager la souffrance de l’autre (plus exactement pour soulager sa propre souffrance).

Je veux soulager ma souffrance de te voir souffrir = si j’étais toi, je m’identifie à toi, j’aurais très mal, mon but sera alors de diminuer ma propre détresse par quelque moyen que ce soit et je ne serai pas vraiment en capacité de pouvoir lui apporter une aide appropriée (qu’il soit écouté par exemple).

Être sympathique revient à amplifier les émotions de l’autre par adhésion.

Poussée à l’extrême, la sympathie devient de la compassion : on ressent l’émotion de l’autre comme la sienne propre. La compassion est une contagion émotionnelle.

Em-pathie signifie “ressentir en dedans”.

Le mot  est formé de en-, qui signifie « dedans », et de pathein, souffrir, éprouver, sentir.

Il y a une recherche de comprehension, on partage le point de vue pour partager son experience, observer ses pensées et sentiments.  L’empathie consiste à identifier les émotions et sentiments de l’autre, mais pas du tout à les ressentir à sa place.

Mais il faut trouver un juste milieu de réponse à l’émotion de l’autre : si on reste froid ou qu’on réagit trop fort, cela peut augmenter la souffrance de l’autre. L’idée est de mettre en sourdine son propre point de vue tout en décodant ce que l’autre est en train de vivre pour l’aider à faire ses propres choix.

C’est difficile  : écouter activement le problème d’une autre personne sans juger, accepter son émotion, et comprendre que cela peut provoquer en soi ses propres émotions (jalousie, peur de la mort, peur de la douleur, besoin d’être aimé,…)

Pour aider l’autre à ne pas rester prostré dans son émotion, qu’il prenne du recul, il faut déjà soi-même ne pas plonger et se perdre dans sa propre émotion, et accepter l’émotion de l’autre. Il faut essayer de garder du recul car il est inutile de  tenter de « faire disparaître » l’émotion de l’autre. Celui-ci attend plus d’être entendu, compris, ou qu’on lui propose les différents choix qu’il pourrait prendre.

Physiologiquement parlant, notre réseau de neurones miroir automatiquement nous envoie l’information de « vivre » l’émotion de l’autre. Comme pour toute réponse émotionnelle, pour ne pas rester dans un circuit automatique « reptilien », la connection avec les autres aires cérébrales par la reflexion du cortex pré-frontal peut donner une réponse créative à la situation. Cela s’entraine ! Le travail sophrologique de détection et d’analyse de l’émotion joue là un point fondamental, puis l’entrainement à la proposition de voies alternatives de comportements permet d’ouvrir de nouvelles réponses neuronales possibles.

Apprendre à se centrer, à ressentir ses propres besoins, à écouter l’autre sans jugement permettent donc de choisir la sympathie ou l’empathie envers l’autre et de se mettre à la juste place…

Dites moi, n’auriez-vous pas maintenant une autre approche de l’expression que nous utilisons habituellement « je trouve cette personne sympathique » ?

Liens : à voir sur you tube, « the power of empathy » (en anglais)

Surprenant : le musée de l’empathie, à Londres (en anglais)