Méditation de pleine conscience et Enfant (1)

Le simple fait de s’arrêter n’est pas anodin.

La pratique de la méditation modifie profondément notre fonctionnement cognitif et émotionnel. Elle nous relie à toutes les ressources qui se trouvent en nous comme observer et apprendre, et nous ouvre à une nouvelle façon de vivre en installant des comportements plus adaptés et plus efficaces.

La sophrologie peut proposer des techniques de méditation, dont celle de pleine conscience.

Basée sur la méditation bouddhiste, la méditation de pleine conscience, ou « mindfulness » vient des États-Unis où Jon Kabat-Zinn a laïcisé et codifié les pratiques et où de nombreuses études scientifiques ont eu lieu.

Elle est utilisée en France depuis 2004 à l’hôpital Sainte-Anne à Paris pour soigner les troubles anxieux et dépressifs, les nombreux ouvrages de Christophe André permettent au grand public d’en prendre connaissance. Pour les plus jeunes, le livre Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel est un best-seller.

Dans un monde où les nouvelles technologies n’ont pas forcément fait gagner du temps et de la qualité de vie, en raison du développement des technologies nouvelles et de leurs sollicitations visuelles et sonores, les capacités d’attention ont été affectées. Les enfants éprouvent des difficultés à se concentrer en classe et pour le travail à la maison.

« L’attention des enfants est de plus en plus volatile, ils sont dans le zapping permanent, font plusieurs choses à la fois, ont de plus en plus d’activités et sont de moins en moins souvent sans rien faire », constate le docteur Pierre Larbey, pédiatre à Nîmes.

Est-ce qu’un enfant est capable de méditer ?

Ce n’est pas une question d’âge ni d’aptitude, enfant ou adulte, chacun abordera la pleine conscience avec ce qu’il est, en observant ses propres qualités d’attention et de concentration.

Eline Snel explique que « c’est un état plus ou moins naturel chez eux, à la différence des adultes, les enfants sont dans ce qu’ils font, quand ils mangent, ils mangent, quand ils jouent, ils jouent, etc. »

Ce seraient donc plutôt les adultes qui auraient du mal à se poser et capter leur attention, car naturellement, le cerveau a tendance à « tourner en rond » dans le flux obsédant de ses pensées. Avec un contrôle de plus en plus difficile en fonction de facteurs comme la fatigue, le stress et l’âge, mais malheureusement, cette perte de l’attention commence de plus en plus tôt.

Surfer sur la vague

Vous ne pouvez pas contrôler la mer. Vous ne pouvez pas empêcher qu’il y ait des vagues, mais vous pouvez apprendre à surfer, à surfer sans voiles.

Si vous parvenez à ne plus simplement chercher à éliminer ces situations [stress, tristesse, s’accommoder à un tas de choses], si vous arrivez à être présent à ces moments sans en réprimer certains aspects, sans vous sentir dépassé, alors vous appréhendez vraiment la réalité. Lorsque vous voyez les « vagues » comme elles sont, vous pouvez, avec une pleine attention, faire de meilleurs choix et réagir de façon réfléchie. L’apprentissage du surf nécessite à marquer un temps d’arrêt, un moment pour observer. Observer la situation.(…) vous vous donnez la possibilité de réagir autrement aux circonstances dans lesquelles vous vous trouvez, de réagir de manière moins automatisée (…) de manière plus calme, avec plus de compréhension et sans perdre de vue les limites. Ce n’est pas tant la situation qui constitue le problème que votre propre réaction (Eline Snel).

De mon expérience et de celle de nombreux accompagnants, oui, la méditation de pleine conscience est accessible aux enfants, car les exercices sous leurs aspects ludiques apportent  la sérénité et le « centrage » en bénéfice immédiat. Un enfant est réceptif avant tout à cet état corporel et psychique et permet l’approche de la rigueur de l’entraînement.

La présence volontaire dans l’instant permet d’être délibérément présent à l’expérience du moment vécu, dans un esprit d’ouverture, de curiosité, de bienveillance et de douceur.

Ces éléments sont necessaires au développement de l’enfant et à remettre en place pour qu’il retrouve le chemin serein vers les apprentissages.

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 Attentifs, ensemble

Je vous conseille de pratiquer AVEC votre enfant. Proposé à l’initiative de l’adulte, l’exercice de pleine conscience permet de  prendre un moment à côté de l’enfant, de pratiquer ensemble et de savoir proposer les conditions pour pouvoir le faire : un enfant ne pourra poser son attention si l’adulte continue à s’activer sur autre chose… Adulte et enfant liés dans une même pratique, adulte attentif à l’enfant. Le bénéfice de la pratique est aussi dans l’originalité de cette posture, d’égal à égal, d’être à être, autant expérimentateur l’un que l’autre, dans l’accueil et la découverte, et révélateur l’un à l’autre.

Les bienfaits

« Il existe aujourd’hui un nombre croissant de travaux montrant l’intérêt de la méditation de pleine conscience auprès des enfants, pour l’équilibre émotionnel, les capacités de résilience, la qualité des échanges familiaux et les capacités attentionnelles, notamment dans le travail scolaire et les apprentissages » Christophe André.

« La plupart des enfants adhèrent aux exercices, mais ce ne sont pas des remèdes à leur trouble. La pleine conscience (…) permet aux enfants d’apprendre à gérer autrement les troubles ou problèmes qui les perturbent, comme les orages dans la tête, l’impulsion à toujours bouger ou à faire immédiatement ce qui vient à l’esprit. »(Eline Snel)

Les effets sont visibles : les enfants se sentent plus en confiance, dorment mieux, sont plus aimables les uns envers les autres. Les enseignants, qui disent aussi mieux se sentir, constatent davantage de calme en classe, une meilleure concentration et plus d’ouverture d’esprit. En ce qui concerne mon expérience, j’ai pu opbserver que ces techniques permettent d’entrainer l’attention, la curiosité et l’ouverture d’esprit, donc de remettre en marche le petit moteur de la motivation quand il s’est bien malheureusement éteint avec les troubles de l’apprentissage.

C’est apprendre à être vraiment présent pendant une leçon, sentir quand notre esprit s’absente et revenir à soi.
C’est avoir conscience de ce que l’on sait, et de ce que l’on ne sait pas.
C’est faire une chose à la fois.
C’est apprendre à se concentrer sur ce que l’on fait dans l’instant, sans peur de ne pas y arriver, sans comparer.
Si une émotion survient, on apprend à la gérer par la respiration consciente, à l’accueillir et à la laisser partir pour reprendre son travail.

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Suite de l’article (2) Pratiquer la pleine conscience avec les enfants