Faire sortir nos enfants « accros » des écrans… avec Pokemon Go

Je n’ai pas été épargnée. Pouvais-je croire que j’étais la seule à vivre cela ? Parmi nos enfants, certains sont particulièrement « accros » aux écrans. Difficile de les en sortir. Oh, cet été, c’est un peu plus facile, avec le rythme des vacances, on varie plus les activités. Mais dans l’année, on s’aperçoit que, de fil en aiguille, c’est vraiment dur de faire lever le nez de nos enfants des écrans.

Je suis crevée, j’arrive pas à trouver tous les arguments pour me et nous sortir, en fait, j’ai moi-même du mal à m’en sortir.

Dans un de mes rêves, un truc d’enfance est remonté, … la messe, le dimanche… Vous voyez le petit panier qui sert à faire la quête ? Dans mon rêve, on était au début de la messe, chacun y mettait son téléphone… Je vous laisse interpréter comme vous voulez.

Dans le rayon culpabilité, je ne peux interdire l’accès à toutes ces nouvelles technologies à mon fiston. Car, je suis un peu Geek. Ben quoi, juste débrouillarde en informatique (pour mon âge) 😉 et je suis permissive. Surtout pour les trucs que j’aime bien (le Nutella, les poupées Barbies, le Coca Cola,…).

Oui, mais je passe mon temps à négocier, combien de temps puis-je le laisser par jour ? Je ne connais pas la limite. Souvent, je trouve qu’il y en a TROP. J’ai la sensation de voir mon ado ou amorphe, ou comme une pile. Certains jeunes passent même la nuit devant leur écran. Et quand on lui demande de se décoller de tout « ça », il ne part pas jouer aux légo, ni ne sort un livre. Non. Mon loulou se couche, et s’endort, ou il allume son téléphone pour regarder des vidéos.  Sait-il encore faire autre chose ? Et ce qui me fait le plus rager : quand on en parle, il me regarde comme une extra-terrestre. « Ouaip maman, tu comprends rien, aujourd’hui c’est comme ça, et d’ailleurs, tu fais pas mieux ! ». Aurait-il raison ? Alors, mon petit moulin argumente dans ma tête. J’aime l’informatique, je suis fascinée par ce qu’elle m’apporte, me facilite, me donne comme ouverture. Mon enfant l’aime aussi. Il est né avec.

Aujourd’hui, on peut difficilement faire sans. Mais pourquoi devrais-je lui demander de lever le nez de ses écrans ?

On a beaucoup parlé de l’appauvrissement du vocabulaire des enfants, mais là, je vais balayer tout cela : si certains enfants traînent trop devant la télé, c’est parce qu’ils n’ont pas assez de rapports avec les adultes ou autres enfants. Nous ne sommes pas dans ce cas. Mon loulou n’est pas collé derrière la télé !  Arrêtons de tout mélanger. Au moins devant un jeu il est actif…!

Alors, pour sa santé ?

De ce côté, je vois plusieurs choses à surveiller : la fatigue oculaire, car les yeux travaillent en focalisation proche et ne se « reposent » pas assez avec une vision distante. Je vois aussi l’impact du rayonnement bleu sur le sommeil, et aussi l’impact de la position assise, de la posture. Mais surtout, je me soucie beaucoup de l’état du cerveau de mon enfant, de son attention – et de la mienne. Je me demande, sincèrement, ce que cela va donner à long terme. J’observe sur moi les effets de la « fatigue » cognitive, la difficulté de garder l’attention, et, entre autres, de rester concentré sur une tâche ardue et peu motivante. Les écrans ne sont pas les seuls responsables mais contribuent grandement.

En conséquence,  je suis intraitable sur un point : faire de l’exercice, avoir un bon rythme quotidien d’activité physique.

D’un autre côté, il y a toutes les compétences émotionnelles et relationnelles à l’autre. Le meilleur formateur pour apprendre à gérer la contrainte, la contrariété et l’impulsivité est le relationnel direct, le face à face. On y apprend le « méta-langage », le langage du corps, et de faire « attention » à l’autre. Un mot, « sociabilisation »,  vient et revient dans nos discussions familiales : pas facile d’aller vers l’autre, trouver des échanges, un intérêt, accepter l’autre tel qu’il est, se laisser surprendre… etc.

Euh, dans la vie… je suis timide… mon enfant l’est.

Petite, j’ai jamais beaucoup fréquenté les autres enfants. Comment le lui reprocher à mon tour ? Mais il n’est pas complètement associable ! Stop. Bon, est-ce vraiment un écran qui va empêcher l’acquisition de telles compétences ? Oui, si on ne fait « que » ça ou beaucoup trop. Non, si on en « sort ».

Donc, on en revient à la question de départ : sortir de ses écrans, c’est nécessaire.

Votre enfant ne veut plus entendre parler des arguments précédents ?

Figurez-vous que ce we, nous avions choisi de revenir en bus de notre « expédition en ville ». C’est long dans Paris, mais on voit le jour, et on peut laisser divaguer ses pensées. Mon fils, comme de nombreuses personnes partout, a sorti son téléphone, et pianote. Je me penche sur son épaule, louche sur son écran et le vois jouer au Pokemon Go. Tiens, j’en ai entendu parler. « Tu m’expliques ?  » Il me montre sa « chasse » aux Pokémons. Interactif avec notre mouvement, les lieux que nous traversons. Ma curiosité est piquée.

À la pause ce midi j’écoute l’explication de Ness M. sur le Huffingpost, un poil plus claire que celle de mon fils… et sa dernière phrase m’interpelle : « Pourquoi Pokemon Go est intéressant ? Parce que cela nous fait sortir de la maison, ça nous oblige à faire du sport, et ça nous fait sociabiliser ».

Ah ? Ce jeu a utilisé mes arguments ?

OK. jouons ensemble. Avec ce jeu, j’ai un argument « béton » pour sortir. Oh, et j’ai vu aussi une carte collaborative. Et si on participait ?

Mais après, on range le téléphone, promis ?

Mais pas longtemps, parce que cet été, en vacances, on pratique le « geocaching« . Ça aussi, c’est une activité qui nous rassemble et égaye nos sorties familiales, en ville comme dans la nature ! La bonne vieille chasse au trésor avec nos GPS hightechs.

Et je ne vous parle pas de toutes ces applications qui permettent de visiter un œil sur le monument, l’autre fixé sur la tablette… Allez, hop, on rajoute une couche de culturel…

Et oui, on peut allier écran et plaisirs familiaux !

Ce sont quelques idées pour faire sortir vos enfants… avec son écran. Ayez confiance, tout d’abord laissez le jouer ou jouez avec lui… puis vous verrez, naturellement peu après, la curiosité fera son chemin, et il se laissera prendre lors d’une inspiration hors de son écran.

J’ai oublié de citer la petite enceinte et ses sœurettes de toutes marques qu’on se jette les uns les autres même dans l’eau et qui permet d’écouter de la musique partout…

Mais je voudrais ajouter que, sans doute comme vous, j’ai souvent le sentiment d’être constamment dépassée…

Alors, connectée ou déconnectée ? Heureusement que mes enfants et amis bavardent un peu avec moi… ça me remet dans le vent…

Vous êtes toujours fâchés avec les nouvelles technologies ? On en reparle à l’apéro ?

Et après, je déconnecte à l’heure de la sieste ou de ma méditation ! Puis-je me convaincre qu’on peut éteindre un téléphone sans que le monde s’écroule ?

Version révisée le 26/07/2016. Camille Chenal

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