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Parent : aider son enfant à apprendre, guider l’attention dans le travail scolaire

Le temps des devoirs

Le temps d’encadrement du travail scolaire est devenu indispensable. Il est naïf de croire que l’école va tout faire pour l’éducation de nos enfants, et surtout imaginer que les enfants sauront se discipliner et prendre le rythme du travail extra-scolaire d’eux-mêmes. L’autonomie ne s’acquière que progressivement. Trop d’enfants se retrouvent seuls chez eux pendant le moment des devoirs. Quand les parents rentrent, ils n’ont que la tâche ingrate de contrôle.

Pour que le temps des devoirs ne devienne pas un champ de bataille, il faut que l’adulte s’y intéresse, et ne se contente pas de la phrase « Va faire tes devoirs ». Si l’adulte se désintéresse de ce que fait et apprend l’enfant à l’école, il me semble normal que l’enfant s’y désintéresse lui aussi. Il n’en tire pas de satisfaction, ou pas suffisamment en fonction du travail qu’il pense fournir.

Un temps d’échange réussi au moment du retour de l’école autour du bilan de la journée change le comportement de l’enfant.

Quand on s’intéresse à ce qu’il apprend, comment il apprend, l’enfant se trouve « aimé » et respecté. La subtile difficulté est de rester souple et accompagnant, pédagogue, en respectant la place de l’enseignant. Un enfant qui a des parents impatients, allergiques aux devoirs pour des raisons de leur passé, ne sera pas bien accompagné. Dans ce cas, il vaut mieux trouver du relai et garder du temps pour des échanges ludiques.

Adopter la posture de guide et d’accompagnant

La présence à soi-même et aux autres assouplissent et enrichissent la relation pédagogique. La connaissance de soi aide le parent à trouver la sécurité nécessaire pour vivre un peu plus paisiblement les difficultés, les remises en cause, les changements qui s’imposent, en tenant compte, sans culpabilité, de ses limites.

La juste attitude : le parent, un allié de l’enseignant

Dans les premières années du primaire et au début du secondaire, l’enfant a besoin d’être accompagné sur le temps des devoirs. Prenez ce temps pour vous intéresser à l’enfant, lui demander comment il a passé sa journée. Lui faire remémorer ce qu’il a appris, lui sera utile pour l’acquisition, et développera son sens de synthèse et son langage. Placer l’enfant comme « professeur » le valorisera aussi. Inutile de jouer les je sais tout, l’enfant sera ravi de vous l’expliquer, et le cours que vous verrez écrit dans son cahier et dans le livre peut vous permettre d’affiner avec lui la compréhension. Placez-vous toujours, modestement, en « entraineur », celui qui encadre, conseille, cherche les meilleures voies personnalisées d’apprentissage, et rappelez-vous que votre propre curiosité et ouverture d’esprit dépeindra sur votre enfant.

Aider l’enfant à apprendre, comprendre l’attention et son rôle dans l’apprentissage

Tous les jours, petits ou grands, du matin au soir, du 1er jour au dernier, nous apprenons. Nous vivons en expérimentant, et de chaque moment nouveau vécu, le cerveau engrange les informations pour compléter sa « base de données ».

Pour Stanislas Dehaene, « L’apprentissage est la fonction la plus générale du cerveau ».  Notre cerveau est fait pour apprendre, il est « plastique », se transforme, change son cablage en fonction des connexions que nous créons avec les apprentissages.

Ce à quoi nous portons attention nous apprend.

Afin de bien montrer combien l’attention est présente et nécessaire dans l’apprentissage je ne retiendrai ici que la théorie de la gestion mentale d’Antoine de La Garanderie, qui synthétise cinq gestes sont fondamentaux dans l’acte d’apprendre.

  1. Le geste de l’attention : se mettre en projet, faire exister dans sa tête, évoquer. Le geste de l’attention passe par une perception par les 5 sens, on est en présence de ce qui est perçu. Pour mobiliser l’attention d’un enfant on l’incite avec « regarde ce que je vais te montre » ou écoute ce que je vais te dire ». Vous pourrez aider l’enfant à conforter toutes les voies sensitives en plus de celles explorées par l’enseignant. Vous enfant est plus auditif, mais n’a que la trace écrite ? Faite le parler, lire, raconter. Votre enfant peut aussi avoir besoin de « dessiner » ce qu’il vient d’apprendre… ou de le mettre en mouvement, pour placer l’apprentissage dans son corps.
  2. Le geste de mémorisation : se fait avec un projet précis à court, moyen ou long terme, il permet de rappeler l’évocation dans un but précis. Par exemple je mémorise la propriété en mathématiques pour pouvoir l’appliquer dans les exercices. Regardez avec lui où l’enseignant a fait noter les notions essentielles. Faites répéter à l’enfant toutes les parties à apprendre par coeur.
  3. Le geste de compréhension : est un aller-retour permanent entre ce qu’on perçoit et ce que ça évoque et y donne sens. Cela active les liens avec la mémoire en y cherchant des rapports. Comprendre c’est prendre pour soi et être capable d’utiliser ses propres mots. Votre enfant doit être capable de raconter ce qu’il est en train d’apprendre. Si vous vous placez en élève et lui en pédagogue, il mettra ses facultés de compréhension en oeuvre pour vous « expliquer ».
  4. Le geste de réflexion ne peut être réalisé que si les gestes d’attention, de mémorisation et de compréhension ont été effectués. La réflexion nécessite d’avoir à l’esprit tout ce dont on a besoin, et donc l’accès aux connaissances, notions pour effectuer la tâche à réaliser. Pour l’aider, on peut dire à l’enfant : « lit bien l’énoncé, de quoi as-tu besoin pour réaliser la consigne ? ».
  5. Le geste d’imagination : permet de créer, inventer à partir du connu. Vous pouvez créer les « ponts » et liens avec l’enfant, reliez avec votre vie quotidienne ce qu’il vient d’apprendre. Cette faculté n’est pas attribuée qu’aux esprits créatifs, tout individu la possède. Refuser d’imaginer sous prétexte qu’on ne sait pas faire peut se débloquer en partant de tout ce qui est connu pour l’utiliser, et imaginer.

J’espère qu’avec ces clés vous pourrez adopter la juste attitude, mieux comprendre comment guider l’attention de vos enfants pour mieux les accompagner sur les temps extra-scolaires !

Sources :

DEWARD Céline, Travail de fin d’études « Comment aider efficacement un enfant souffrant de troubles déficitaires d’attention/hyperactivité (TDA/H) en classe ? http://tdah.be/sep/DewardCeline-tdahClasse.pdf

Sites web, entre autres, http://web2.uqat.ca/profu/textes/strat_app/05concentration.htm

IRDC Vittoz, Développer son attention et sa concentration, 2éme édition, l’essentiel, Chronique sociale, 2014.

Et… mon livre, J’aide mon enfant à être attentif, édition Eyrolles.

 

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